Brève histoire odonatologique de l'Isère

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Communiqué du 3 novembre 2019


Brève histoire odonatologique de l'Isère

Si les premières données odonatologiques régionales datent de 1789, il n'y a presque rien en Isère avant le XXe siècle. On pense qu'une indication de Leucorrhinia pectoralis d'Eugène Foudras datant du milieu du XIXe siècle pourrait concerner le site du Luitel et est plus exactement donnée dans le Dauphiné par de Selys Longchamps (1850). La première mention d'Odonates datée en Isère correspond à Coenagrion puella - c'est aussi la première mention régionale - indiqué le 1er mai 1897 par W.J.Lucas à Grenoble. On trouve ensuite dans les collections de Charles Degrange, deux larves en alcool concernant Gomphus vulgatissimus prises le 1er mars 1915 sur Corenc [1]. Sympetrum pedemontanum est illustré à partir d'un individu pris à Grenoble dans l'ouvrage de Martin (1931). Dans leur ouvrage sur les Libellules de l'Italie Conci & Nielsen (1956) rapportent Epitheca bimaculata du Dauphiné (probablement Massif de Bonnevaux). Nous constatons que Charles Degrange a mené ses premières prospections régulières dès 1956. Il ne cessera pas d'améliorer la connaissance odonatologique du département (et de la région, ainsi que du Midi de la France) jusqu'au début des années 1980. En 1988, il accepte de devenir membre d'honneur du Groupe Sympetrum né vers le début de l'année précédente. Le relais est pris alors par des visiteurs venus d'autres départements comme Daniel Grand, Jean-Pierre Boudot ou Gilles Jacquemin. On trouve des pionniers locaux avec Bruno Pambour, Guy Flacher ou Didier Bogey.

Les fondements du Groupe Sympetrum sont nés en Isère. Le 3 mai 2006, Cyrille Deliry rencontre Jean-Pierre Boudot sur le site de Haute-Jarrie en Isère. Celui-ci prospectait notamment les Sympecma. Suite à cette rencontre encourageante pour l’Odonatologie locale, dès le 4 mai 2006 en compagnie de David Loose il y a élaboration de la mise d’un Atlas des Libellules des Alpes du Nord française et la fondation d’une Association dont l’Assemblée Générale constitutive se tient le 11 décembre 1986 à Grenoble : le Groupe de Recherche et de Protection des Libellules, Sympetrum. L’action de l’association se limite alors à l’Isère et aux deux Savoies. De nouveaux observateurs s'ajoutent, et excusez moi si j'en oublie, tels Pierre et Christine Juliand, Christian et Nelly Zannoni ou Jean-Michel Blanc.

Le GRPLS fait partie des membres fondateurs de la Maison de la Nature et de l'Environnement de Grenoble. Jean-Michel Blanc, alors trésorier de Sympetrum, est présent à son inauguration le 25 juin 1988. L'association occupera pendant plus de 10 ans "une boîte au lettre" en bas de la dite Maison.

Une première Liste Rouge des Libellules de l’Isère est préparée sous la coordination de D.Loose et C.Deliry en 1987. Elle sera complétée par une liste commentée des Odonates du département (Loose 1987).

C'est en 1997 que sort l'Atlas des Libellules du nord des Alpes française (Isère, Savoie et Haute-Savoie) sous la coordination de Cyrille Deliry. L'Atlas à dimension régionale qui sera édité plus tard (Deliry 2008), est élaboré dans les locaux du Muséum de Grenoble. Une première réunion a lieu le 28 août 2002 et posera les bases d'une collaboration entre le Groupe Sympetrum et le Muséum afin de construire l'édition de l'Atlas régional.

Dans le cadre de la seconde campagne ZNIEFF un catalogue des sites remarquables du département est édité (Deliry 1999-2000).

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Réunion de travail Atlas à Grenoble avec le Muséum avec de gauche à droite : C.Deliry, D.Grand, P.Juliand de l’association, J.Petitprête et A.Fayard du Muséum

Une nouvelle Liste Rouge départementale est préparée en 2007, notamment au cours du Séminaire pour la clôture de l'Atlas régional qui a lieu les 13 et 14 avril 2007 dans la Drôme. Elle fait suite à celle préparée dans les années 1980 et sera révisée en 2013 (Deliry & al. 2013).

Fin 2013, un nouvel Atlas des Libellules de l’Isère est réalisé sous la coordination de C.Deliry et sera édité début 2014. Il est accompagné de la Liste Rouge rénovée de 2013. En 2014 encore, une synthèse sur les Odonates d'altitude est réédité, un ou deux ans après sa première sortie (Deliry & Juton 2014).


[1] - Découvertes des différentes espèces sur le département - On trouve ensuite Calopteryx splendens ainsi que Calopteryx virgo, signalés par C.Degrange à Grenoble le 11 mai 1923. Ces deux Caloptéryx étaient accompagnés de Pyrrhosoma nymphula. A l'époque un ruisseau passait en ville à ciel ouvert au niveau du Chemin de l'Abbaye. Vient ensuite une larve, en alcool, pour Cordulegaster bidentata provenant de Proveysieux et datant du 1er juin 1923. Nous pensons que la première observation réalisée par Charles Degrange lui-même dans le département de l'Isère corresponds à Libellula depressa, une femelle immature vue à Allevard le 24 mai 1936. Cet individu est en collection au Muséum de Grenoble. C.Degrange observe ensuite Coenagrion puella à Varces le 27 mai 1936. Puis il visite le Lac Punay à Livet et Gavet le 18 juillet 1936. Il note seulement Leucorrhinia dubia, individu aussi en collection au Muséum de Grenoble. Le même observateur indique Gomphus vulgatissimus à forte altitude, au Lac de Laffrey le 15 juin 1938. Ensuite rien ni pour le département, ni pour cet observateur avant le 17 mai 1946 avec Coenagrion pulchellum à Champ Rochefort, Calopteryx splendens, Calopteryx virgo, Pyrrhosoma nymphula et Coenagrion mercuriale à Fontaine le 29 mai 1946. Enfin Calopteryx virgo est observé au Jardin des Plantes du Muséum de Grenoble par un observateur inconnu le 16 juillet 1946. Les prospections de l'étang de Haute-Jarrie débutent pour les Libellules en mai 1952 et sont toujours menées par C.Degrange qui y trouve Anax imperator. Le même mois cette espèce est capturée à la Bastille sur Grenoble. Ensuite quelques rares données, parfois une seule espèce étant signalée, sont récoltées année après année ; ce sont des données de collection de C.Degrange, toutes déposées au Muséum de Grenoble.
Gomphus pulchellus est une nouvelle espèce pour le département, observé le 30 mai 1956 à Champ Rochefort. Crocothemis erythraea est vu le 26 juin 1956 à Grenoble. Aeshna juncea est capturée à Mizoen le 31 août 1956. Une femelle âgée de Somatochlora metallica est donnée du Lac Achard sur Chamrousse le 5 septembre 1956 ; C.Degrange y trouvera Aeshna cyanea le 2 octobre 1956, ainsi que Sympetrum danae. Cordulegaster boltonii est cité le 18 septembre 1956 à Réaumont. Le 15 octobre 1956 le même observateur ajoute Aeshna mixta à l'étang de Haute-Jarrie. L'Etang des Eparres qui existait toujours sur Gières à l'époque rapporte Sympetrum meridionale le 31 octobre 1956. La saison de 1957 début de bonne heure avec un Sympecma fusca le 26 mars 1957 à Grenoble. La même localité rapport le premier Ischnura elegans du département le 23 mai 1957. Une seconde station de Coenagrion mercuriale est découverte en Isère le 29 mai 1957 sur Réaumont, toujours par C.Degrange. Cordulia aenea est prise le 5 juin 1957 à l'étang de Haute-Jarrie, de même que Libellula quadrimaculata. Encore Grenoble est concernée par Platycnemis pennipes le 1er juillet 1957, ainsi que Sympetrum striolatum. Ceriagrion tenellum est aux Eparres sur Gières le 11 juillet 1957 ainsi que Chalcolestes viridis et Orthetrum cancellatum. Le 9 août 1957, visite du Lac de l'Infernet sur les hauteurs de Chamrousse avec présence de Lestes sponsa, ainsi qu'au Lac Achard, Coenagrion hastulatum. Orthetrum coerulescens et Sympetrum depressiusculum sont trouvés sur feu l'étang des Eparres le 7 septembre 1957. Ils sont accompagnés de Sympetrum sanguineum. Aeshna grandis est trouvée le 20 septembre 1957 à Réaumont, un tardif Lestes virens à Haute-Jarrie le 8 octobre 1957, avec Sympetrum vulgatum le même jour. Au terme des années 1956 et 1957, qui correspondent aux premières années de recherches dans le cadre de l'odonatologie départementale, Charles Degrange avait collectionné un peu plus de quarante espèces sur le département de l'Isère.
La saison 1958 toujours poursuivie par le même observateur ramène la première mention départementale de Somatochlora alpestris prise le 5 août à Chamrousse au Lac Achard. Deux Sympetrum fonscolombii sont notés à l'étang de Haute-Jarrie le 2 octobre 1959. Une larve attribuée à Orthetrum albistylum a été récoltée le 20 novembre 1959 à l'étang des Eparres, localité où s'ajoute le 18 mai 1960, Anax parthenope. Un nouvel observateur entre dans la danse le 1er juin 1960 : Bernard Serra Tosio qui comme Charles Degrange est issu de l'Université de Grenoble. Il rapporte la première mention départementale de Lestes dryas à l'étang de Haute-Jarrie, ainsi que celle d'Aeshna isoceles. Enallagma cyathigerum est trouvé par C.Degrange à Saint-Etienne-de-Crossey le 3 juin 1960, Brachytron pratense sur l'étang de Haute-Jarrie le 6 juin 1960. La première visite du Massif de Bonnevaux débute par l'étang du Grand Albert avec la découverte d'Erythromma najas le 16 juin 1960. L'étang des Eparres proche de Grenoble rapporte de nouvelles Libellules encore le 12 septembre 1960 : Erythromma lindenii et Erythromma viridulum. Le même site dès le 5 mai 1961 permet encore d'ajouter à la liste départementale Libellula fulva.
Le 26 mai 1961, Gehard Jurzita, de passage en Isère (et vraisemblablement en transit entre l'Allemagne et la Camarque qu'il allait visiter), découvre le Leste enfant, Sympecma paedisca à la Gache sur la commune de Barraux. Il ajoute à l'occasion à la liste départementale Orthetrum brunneum présent sur le même site. Repassant au retour le 11 juin 1961 il confirme la présence sur ce site d'une petite population de Leste enfant. Nos recherches multiples menées depuis les années 1980, régulièrement répétées, n'ont jamais permis de confirmer ce Zygoptère remarquable dans le secteur, le Grésivaudan dans sa globalité ou la Basse Vallée de la Maurienne. Les observations sont étayées par une individu mis en collection, étiqueté par G.Jurzitza et découvert dans les années 2000 dans la collection des Ecologistes de l'Euzière par Cyrille Deliry, juste avant la terminaison de la rédaction de l'Atlas régional des Libellules. Il devient alors difficile d'ajouter de nouvelles espèces sur le département, la liste semblant terminée. Néanmoins il reste encore bien à découvrir avec Sympetrum flaveolum (Lac de Pétichet le 4 août 1963, C.Degrange), Aeshna affinis (Etang de Haute Jarrie le 6 août 1963, idem), confirmation d'Epitheca bimaculata (Commelle le 15 mai 1965, id.). Le 30 mai 1965 est organisée une sortie naturaliste sur les étangs de Bonnevaux par la Société dauphinoise, le Bio Club. Cette sortie permet de récolter plusieurs espèces de Libellules sur le secteur et est l'objet d'un article de Petti & Grangaud (1965). Il semble bien que Charles Degrange avait préparé la sortie en visitant comme nous l'avons vu, le site une quizaine de jours avant. Elle est l'occasion d'ajouter ou confirmer de nouvelles espèces sur le département : Leucorrhinia pectoralis, Sympetrum depressiusculum, Lestes dryas qui jusqu'alors n'avait été vu qu'à Haute-Jarrie et avait échappé aux prospections menées notamment en Belledonne sud. Coenagrion hastulatum y est trouvé en situation abyssale. Il est accompagné par une très remarquable indication de Coenagrion lunulatum, taxon qui n'est en France que dans le Massif Central et qui, n'est pas, à la différence d'autres espèces, présent dans les collections de Charles Degrange au Muséum de Grenoble. En conséquence cette mention a une validité imparfaite et selon certains auteurs pourrait correspondre à un variant d'une autre espèce de Coenagrion. L'observation est rapportée à M.Grangaud dans un fichier manuscrit de C.Degrange. Le 14 juillet 1965, C.Degrange visite le Lac Praver (Séchilienne) et fourni enfin la première station d'altitude pour Lestes dryas en Isère. Il ajoute Somatochlora arctica, une espèce alors très mal connue en France. La Mare de Brié-et-Angonne, qui doit toujours exister, révèle une petite population de Coenagrion scitulum le 15 mai 1966 (C.Degrange). Cette population a été très longtemps la seule connue en Isère, mais avait la particularité remarquable d'être pérenne. Elle devrait selon les dernières informations, toujours exister. Ischnura pumilio est découverte le 10 septembre 1970 par J.Tétart et C.Degrange sur la mare du laboratoire de botanique du Campus de Grenoble. Les deux observateurs y découvrirons le 5 novembre 1970, Hemianax ephippiger à l'état larvaire, ce qui est un véritable événement pour l'odonatologie française et européenne.
Les prospections odonatologiques restent toujours très modérées sur le département de l'Isère, néanmoins les sites de montagne ont été bien visités, les stations de Grenoble et ses environs ont été suivies pour partie (Haute-Jarrie, Campus, étang des Eparres) et quelques explorations avaient alors été menées jusqu'à Réaumont ou le Massif de Bonnevaux. Lors d'une visite à l'étang du Grand Lemps, C.Degrange découvre Somatochlora flavomaculata dans le département. La quasi exclusivité de l'odonatologie départementale, jusqu'alors réservée par C.Degrange, faute d'autres combattant, va cesser dans les années 1980, alors que le professeur de l'Université rallenti fortement se activités sur les Libellules. Ainsi le 14 mai 1980, Daniel Grand réalise sa première visite en Isère et retrouve Leucorrhinia pectoralis près du Massif de Bonnevaux, à l'étang du Fay. Cette Libellule n'avait pas été revue en Isère depuis près de 15 ans. En parallèle Didier Bogey fait le premier inventaire des Odonates de l'Isle Crémieu au cours des années 1980. Il découvre de manière parfaitement inattendue, Leucorrhinia caudalis (le 19 mai 1985), une espèce parfaitement inconnue dans le Sud-Est de la France alors et loin de toute autre localité identifiée. D.Grand mène indépendamment des prospections dans le Nord de l'Isère et voit Leucorrhinia pectoralis sur deux localités d'Arandon en 1980. Daniel Grand prospecte aussi la même année la rivière de la Varèze et y découvre Gomphus vulgatissimus qui jusqu'alors n'avait été indiqué que sur le Plateau Mateysin pour l'Isère. Explorant la même année, le secteur de Chapareillan, il y voit un mâle erratique de Leucorrhinia caudalis (on trouve encore une date de 1983 sur ce site qui sera à analyser !), il trouve Somatochlora arctica sur le Lac du Luitel (voir travaux de Degrange & Seassau qui semblent ne pas avoir été saisis dans la Base départementale). La Varèze amène la première population d'Onychogomphus forcipatus révélée en Isère, par Daniel Grand le 24 juin 1982. La même année et sans précision de date Boyeria irene est trouvée à l'état larvaire sur un canal proche du Rhône par un bureau d'étude, espèce confirmée par Guy Flacher le 27 septembre 1983 à Sablons, de même sur un canal proche du fleuve (mâle découvert mort).
En 1986 alors que naît l'association Sympetrum on pourrait penser qu'il n'y avait déjà plus d'espèces à découvrir sur le département de l'Isère. Lestes barbarus n'avait avant le 15 juillet 1986 jamais été cité en dehors de la Dombes dans la région Rhône-Alpes. Il est alors découvert à Vif au Marais de Reymure par Pierre et Christine Juliand. Boyeria irene est révélée sur la rivière de la Varèze le 26 juillet 1989 par Cyrille Deliry. Bernard Pont fait la première observation de Calopteryx xanthostoma en Isère le 10 août 1992. Malgré quelques mentions répétées on n'a toujours pas de véritable preuve de l'autochtonie de cette Libellules en Isère, mais elle est probable dans le secteur du Rhône sur la Platière et dans le secteur aval de la Varèze. Le 23 mai 2008, Fanny Combet, d'Avenir, indique 7 individus sur Moirans. Néanmoins l'espèce n'a pas été revue en Isère depuis cette date semble-t-il. Après une première mention d'un individu erratique en Grésivaudan (à dater, voir article de Pierre Juliand), c'est dans la Basse Vallée de l'Isère, à St Hilaire-du-Rosier que Calopteryx haemorrhoidalis est observé, ce, le 18 août 1994 (C.Deliry). On y trouve une petite population sur le ruisseau du Merdaret, à l'époque en situation particulièrement septentrionale. Platycnemis acutipennis a été vu pour la première fois sur le département le 25 avril 1998, avec alors une petite population au Marais de Charvaz révélée par Julien Dabry. Depuis cette espèce a été vue sur le département à quelques reprises, mais ne semble pas se maintenir. Onychogomphus uncatus n'a été vu en Isère qu'une seule fois avec un mâle dûment photographié à Valbonnais le 20 juillet 2003. L'espèce est alors enregistrée comme la 70ème pour le département de l'Isère. Christophe Grangier et Odile Marchal-Oger font la première observation iséroise de Platycnemis latipes, ce, à Soleymieu. A l'instar de l'acutipennis ce Platycnemis n'est pas établi sur le département et a fait l'objet de quelques mentions ponctuelles. C'est le 27 juillet 2007 que Nicolas Bazin de la Reserve de l'Ile de la Platière découvre une exuvie de Stylurus flavipes sur une lône du Rhône à Salaise-sur-Sanne. Cette exuvie dont la détermination est confirmée par Alain Ladet et Pierre Juliand, deux observateurs bien rodés dans l'identification des exuvies de Gomphidés en Ardèche, corresponds à la première mention de l'espèce sur le fleuve Rhône depuis le début du XXe siècle. C'est une information remarquable qui sera suivie rapidement, prospections aidant, mais probablement aussi en raison d'une expansion de ce Gomphe dans le Bassin, par la découverte d'un chapelet de localités sur la Saône, ainsi que le Rhône, ce jusqu'à la mer où les observations les plus en aval se trouve sur les deux bouches du delta du fleuve. C'est Christopher Thornton qui découvre une localité pour Leucorrhinia albifrons à Bossieu (Massif de Bonnevaux) le 22 mai 2008. Cette station se révèlera pérenne par la suite et relativement bien peuplée par l'espèce ; cette Libellule est découverte en 2012 dans l'Isle Crémieu par Emmanuel Michaud, elle semble en faible expansion. Trithemis annulata a été vu - et photographié - pour la première fois dans le département le 17 juillet 2008 à La Sone par Loïc Lambert. Cette Libellules en expansion a été réobservée depuis à de rares reprises. Gomphus simillimus est une acquisition récente pour l'Isère. Il a été révélé le 25 mai 2011, dans le cadre de l'expansion de l'espèce sur le Bassin du Rhône, mais loin du fleuve à Saint-Savin par J.M.Ferro. De manière plus classique une petite population, révélée pérenne par la suite, est découverte au Sauget sur Brangues par Bernard Levet le 15 août 2011, soit la même année. Quelques - rares - localités supplémentaires ont été ajoutée depuis pour le Gomphe semblable. De manière tout à fait fortuite et hors des sentiers battus, Lestes macrostigma, un mâle, est observé à la Tourbière de l'Herrétang le 26 août 2012 par Bernard Levet. La dernière espèce découverte dans le département est Ophiogomphus cecilia photographié en 2015 à St Romain-de-Jalionas par Laurent Berger.
Ce ne sont que 13 espèces qui ont été découvertes en plus de 30 ans depuis la fondation du Groupe Sympetrum, l'odonatofaune départementale était en conséquence très bien connue du point de vue qualitatif avant cette date. Leur nombre est actuellement 78 espèces, le record de Biodiversité odonatologique pour un département français.


Rédaction : Cyrille Deliry, le 3 novembre 2019