Le département de la Savoie (6 028 km²), au nord-est de la région AuRA, présente quatre grandes entités, les chaînons montagneux du Jura à l'ouest dominant une zone de collines, le bassin molassique, les chaînes subalpines (Bauges et Chartreuse) séparées des massifs alpins par le sillon alpin.
Le Rhône limite le département à l'ouest, tandis que l'Isère et ses affluents le traversent. Les lacs du Bourget et d'Aiguebelette sont les principaux milieux lentiques auxquels s'ajoutent quelques lacs de barrage, un grand nombre de petits lacs d'altitude et quelques ballastières.
Il faut ajouter de grands marais (Chautagne) et de nombreuses tourbières. Les autres milieux favorables aux libellules sont les mares qui ponctuent la campagne, ainsi que des mares prairiales d'altitude.
Crédits : Régis Krieg-Jacquier
Crédits : Loup NoallyUn fleuve, de nombreuses rivières, des ruisseaux, des lacs, des tourbières et zones humides font de la Savoie un département riche en odonates (35 851 données à la fin de 2024 et 698 observateurs). Au total 69 espèces sont connues du département.
Les vallées profondes permettent aux espèces méridionales de remonter jusqu'en Savoie comme Calopteryx haemorrhoidalis en 2012 et Trithemis annulata en 2024, alors que les zones de montagne sont le domaine de quelques espèces boréo-alpines.
L'ensemble du territoire est prospecté mais il reste des zones blanches. Nos efforts devront se porter sur certaines espèces rares ou menacées : Leucorrhinia albifrons, L. caudalis, L. dubia, Cordulegaster bidentata, Ophiogomphus cecilia, Epitheca bimaculata, Boyeria irene et Somatochlora metallica.
La Leucorrhine douteuse (Leucorrhinia dubia) est une espèce eurosibérienne dont la Savoie est un des bastions en France. Elle se rencontre essentiellement en altitude au-dessus de 700 m et elle peut atteindre 2 500 m.
Cette espèce est inféodée aux tourbières et aux étangs végétalisés, acides et pauvres en poissons. Elle est vulnérable au changement climatique, au développement d'activités piscicoles et touristiques ainsi qu'à l'intensification des activités pastorales intensives en montagne.
La Leucorrhine douteuse est une des espèces ciblées par le programme CIMaE.
Crédits : Loup Noally
L'ensemble du territoire est prospecté mais il reste des zones blanches et des communes sans données. Afin d'avoir une meilleure connaissance de la localisation précise des espèces et de leurs populations, voici une cartographie des zones prioritaires à prospecter.
À bientôt sur le terrain.